







Après plus de 8500 ans à instiller des idées aux humains, Muse est fatiguée. C’est peut-être pour cela qu’elle a laissé cinq adolescents sortir de sa boutique sans avoir trouvé la bulle qui leur convenait. Mais quand l’Aède lui souffle une tache noire sur la main, en faisant une proie pour les chimères qui la transformeront en obscurante, Muse ne peut se résoudre à ce destin. Et décide de lutter pour la lumière.
« Croire c'est avancer dans la nuit noire sans savoir où l'on place ses pas en étant persuadé que ses pieds trouveront toujours un chemin. »
Roman fantastique parlant d’inspiration, de créativité, de la lumière en soi qui parfois peut s’éteindre à l’adolescence à cause de circonstances hors de notre contrôle, Muse est aussi un récit d’aventures qui propose de nombreuses scènes d’action. Pour un lectorat avancé.
C’est le genre de récit que j’aurais voulu aimer davantage. On est dans une littérature fantastique basée sur le concept mythologique des muses, ici intégrées dans le quotidien de l’humanité, et utilisant des bulles de verre lumineuses pour offrir aux humains des idées. Remplie d’action avec la quête ponctuée de dangers de celle qui a refusé de prendre le nom d’un être qu’elle aurait inspiré et se prénomme donc simplement Muse, cette histoire porte en elle toute une réflexion sur ce que le contact avec les arts nous apporte. Bref, la prémisse est prometteuse.
J’ai aussi aimé comment la forme est réfléchie, les muses se parlant généralement en vers (sauf Muse elle-même et on comprendra pourquoi), l’Orphéoniste donnant du mouvement aux mots lorsqu’il les prononce et les obscurantes s’échangeant des répliques alignées à gauche dans la page. C’est malin et original, mais… ça ne réchappe pas l’intrigue.
En fait, j’ai l’impression que le format est trop court (même s’il m’a paru long par instant) pour que Kamel Benaouda ait pu complètement développer son univers. On a peu de temps pour s’attacher à Muse (surtout que le récit commence dans un tant d’esprit assez sombre) et on saisit mal comment ses relations avec les autres se sont nouées (d’autant plus que les personnages sont nombreux). Du côté plus réaliste, j’ai trouvé que les quêtes liées aux cinq adolescents sont assez stéréotypées, comme si les arcs narratifs n’avaient pas assez d’espace pour se déployer si bien que tout est attaché un peu vite et que ça manque de profondeur. Bref, il y a là un univers vraiment chouette, une philosophie intéressante sur l’importance des arts dans notre vie aussi, mais on dirait qu’on ne fait que l’effleurer et je suis personnellement restée sur ma faim !
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