







ChOuia a longtemps été incompris, vu comme un être sans substance, un cerveau vide où il n’y a de place que pour la nuit. Mais son renvoi de son école est peut-être pour lui la meilleure des chances. Parce que dans ce nouvel endroit qu’il doit apprivoiser, il y a ZOé, VictOr, et Joé l’éducatrice, autant de gens qui lui ressemblent ou le comprennent. Autant d’occasions de percevoir qu’il n’est pas seul et que les murs peuvent contenir un nombre incalculable de fenêtres.
Écrit en vers libres, ce court opus nous immerge dans l’esprit d’un adolescent autiste qui nous présente la réalité à travers son filtre. Frank Fenestre y parle de différence, oui, mais aussi de contact, d’amitié et d’ouverture. Pour un lectorat intermédiaire.
Les éditions D’eux ne nous ont pas habitués à des textes « faciles » et celui-ci ne fait pas exception. Si le vocabulaire reste simple et que les vers libres ponctués de splendides images abstraites signées Alexandra Dion-Fortin peuvent induire une lecture rapide, il n’empêche que le propos, lui, frôle parfois l’insaisissable. En effet, Frank Fenestre nous propose une véritable immersion dans l’esprit d’un adolescent autiste qui s’exprime avec ses propres images, ses propres références. Ce langage écrit est peut-être plus aisé à décoder que son langage oral (traduit, celui-ci), mais il n’en reste pas moins le sens du texte n’est pas toujours évident et il faut le savoir. L’émotion passe tout de même et il est touchant de voir le héros tranquillement ouvrir ses horizons et réaliser que ce n’est pas parce que les autres ne le comprennent pas, qu’il n’agit pas comme ce qui est attendu, qu’il est idiot et voué à la solitude. Parce qu’il n’est pas seul… et que la liberté lui tend les bras.
En bref ? Un récit sensible, puissant, qu’il faut prendre le temps d’apprivoiser. Un peu comme tous ces êtres différents !





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