







Il y a seize ans, la mère de Bel est disparue en fin d’après-midi, laissant sa fille de deux ans sur le siège arrière de sa voiture allumée et chauffée en plein hiver. À l’époque sauvée par un homme qui passait par là, Bel a désormais dix-huit ans et une carapace à toute épreuve. Après tout, elle a grandi en sachant qu’elle a été abandonnée par celle qui était censée la protéger et qu’elle est restée de longs mois séparée de son père, lui qui a dû se battre pour prouver qu’il n’avait rien à voir avec cette disparition suspecte. Il n’en reste pas moins que l’adolescente a encore des doutes. Et qu’une telle expérience laisse des traces et des séquelles.
Séquelles que le projet de documentaire sur la disparition de sa mère pourrait bien réveiller. Et Bel ne sait pas encore que ce qui l’attend sera bien pire que de la réanimation de quelques souvenirs…
Thriller parlant de liens familiaux, de la malléabilité de la mémoire et de trahison, La vérité sur Rachel Price vise un public avancé vu son grand nombre de pages et la complexité de son intrigue !
Le dernier Holly Jackson que j’ai lu était Kill Joy et j’avais apprécié la brièveté de l’opus après de nombreuses briques intenses. Ici, l’autrice bien connue de Meurtre : mode d’emploi revient à ses premières amours avec un pavé dans lequel elle déploie une intrigue des plus tordues et je dois avouer que si je n’ai pas été complètement convaincue par les cent premières pages, la finale (qui fait quand même cent pages elle aussi) m’a surprise et ravie.
En vérité, c’est le genre de livre dans lequel il faut installer beaucoup d’éléments, et pas trop promptement pour éviter que tout soit évident. Les indices sont donc cachés à travers une exploration du quotidien qui fait que le début est… lent. Oui, il y a l’idée du documentaire sur Rachel Price et la première surprise majeure arrive tout de même rapidement, mais voilà, la véritable tension dramatique met du temps à naitre, notamment parce que Bel se protège, camoufle ses sentiments, et qu’avec une personnage principale un peu antipathique, il est plus difficile de s’investir, surtout quand cette dernière s’entête à poursuivre une piste qui ne semble mener nulle part.
Mais vous avez remarqué l’emploi de « semble » ? Voilà. J’ai persévéré parce que je connais Holly Jackson et que je savais qu’elle ne nous laisserait pas tomber. La finale m’a d’ailleurs donné raison avec une suite d’éléments à la « wtf » qui pourtant ont quand même tous du sens. Bref, c’est un thriller malin. Faut juste être un peu patient·e au départ…





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