







« j’ai jamais fait l’amour les lumières ouvertes
mais j’ai installé des néons pour me faire la haine. »
Creusant les émotions vives qui suivent une rupture, la douleur de la perte, la violence de voir l’autre continuer à vivre et aimer dans son écran, la difficulté de croire en soi, la volonté parfois de revenir en arrière, quand c’était facile, quand nos proches prenaient soin de soi, Laurie-Anne Perreault signe un recueil fragmenté où les vers sont tantôt accessibles tantôt plus métaphoriques. Pour un lectorat intermédiaire.
Il y a quelque chose de très adulte dans la poésie offerte dans la collection Fuwa Fuwa en ce sens où le fil rouge qui relie les poèmes n’est pas toujours très visible, où l’histoire elle-même s’efface parfois au profit des mots. La forme très libre est intéressante, mais encore là, il y a peu de prises sur le réel. En fait, j’ai eu davantage eu l’impression d’assister à l’émotion que de la ressentir et ça m’a laissée sur ma faim, d’autant qu’il y a peu de lumière dans cet opus sous le jaune doux de sa couverture, il faut le savoir.
Pour ma part, j’ai lu deux fois ce recueil et j’ai préféré la deuxième, cessant de cherchant le sens ou de m’attendre à voir une évolution dans la situation, et m’attardant plutôt juste aux fragments, page par page, appréciant la force de certains vers, la puissance de plusieurs images.
« je suis pleine de soleil et je ne veux pas
tout ce qui brille est mort »
Parce que parfois, la poésie, c’est ça aussi.
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