







Dans la nouvelle République nataliste, en crise démographique, les femmes doivent procréer ou sont envoyées dans des Instituts de redressement. Quand la limite d’âge baisse à 15 ans, Jo décide de rejoindre l’Union, au nord. Fuir l’obligation, fuir la milice et ses sévices, fuir ce qui l’attend forcément. En chemin, elle croise Edgar qui, lui, a été éduqué complètement à l’écart du monde. Leur route devient commune, mais Edgar s’attache bientôt à d’autres fuyards et leur destin se complexifie…
Roadtrip d’anticipation, Dissidente propose une aventure riche en rebondissements et en réflexions à un lectorat avancé.
Glaçant. C’est le premier mot qui me vient en tête pour parler de cette lecture qui, comme l’explique l’autrice en préface, s’ancre dans le réel : rien de ce qui est raconté au fil des pages ne vient de nulle part. Les mesures que la République met en place (et qui peuvent nous sembler terrifiantes) ont toutes été déjà réfléchies, appliquées ailleurs. Pas toutes en même temps ni avec le même résultat, mais quand même. Et la force de l’ensemble c’est que tout est hyper crédible. Du basculement suite à un virus à la prise de pouvoir, aux dérives engendrées par le « natalisme ». De quoi donner de solides cauchemars.
Après, le cœur de l’intrigue, ce sont les relations humaines des personnages et leur périple à travers une France dévastée. On s’attache tout de suite à la fougue et la résilience de Jo, à la naïveté et la lumière d’Edgar. Le fait d’alterner entre leur point de vue allège l’ensemble (costaud, disons-le) et rythme l’aventure marquée par les tensions et les moments de bascule. C’est une solide brique, ce bouquin, et c’est aussi émotivement drainant. Oui, il y a de petits moments plus légers, mais ça reste une lecture foncièrement intense, où on suit des personnages qui n’adhèrent pas au système en place, mais y sont confrontés de multiples façons. J’ai parfois eu besoin de lire autre chose pendant ma progression, je vous avoue, ne serait-ce que pour souffler, mais je suis aussi contente d’avoir persévéré. La finale est juste un peu frustrante (ce qui est souvent le cas quand un·e auteur·rice prévoit une suite), néanmoins ça demeure une lecture manquante de mon année !
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