







Chloe Wofford a toujours su que les mots avaient un grand pouvoir. Mais c’est en les étudiant à l’université Howard qu’elle réalise que ce qu’on lui fait lire, même dans cette université noire, ce sont les mots des autres, des blancs de cette Amérique où la ségrégation rôde toujours. Déterminée à donner de l’espace et de la lumière aux voix afro-américaines, celle qu’on connait sous le nom de Toni Morrison se battra comme enseignante, comme mère, comme femme, mais aussi comme éditrice et autrice.
Récit biographique romancé qui permet de découvrir l’humaine derrière la figure connue de la récipiendaire du prix Nobel de la Littérature, Écrire avant l’aube parle de l’importance de se reconnaitre dans la littérature, de racisme, de classes sociales et de persévérance. Pour un lectorat intermédiaire.
Je dois l’avouer d’entrée de jeu, je n’ai lu de Toni Morrison que Récitatif, un roman qui m’a marquée grâce à la façon dont l’autrice parvient à jouer avec nos à priori et nos stéréotypes pour nous faire douter constamment. J’étais toutefois curieuse de découvrir cette histoire parce que je sais que cette écrivaine américaine est une pionnière importante et que j’avais envie d’en connaitre davantage sur son parcours personnel ainsi que sur la société dans laquelle elle s’est inscrite. J’aime aussi la plume sensible de Laura Nsafou, très présente sur les réseaux sociaux pour parler de l’importance de la représentativité en littérature. Bref, j’ai commencé cette lecture avec beaucoup d’attentes.
Et j’ai aimé. Vraiment. D’abord parce que l’objet est hybride : même si l’histoire est réelle, l’autrice utilise les codes du roman pour nous faire découvrir Toni Morrison et cela fait en sorte que l’ensemble est fluide, hyper agréable à lire même si c’est bien documenté et appuyé par de longues recherches. Je dois avouer que j’ai préféré la première partie, de la première expérience traumatisante de la réalité de grandir dans une famille noire dans une Amérique raciste et ségrégationniste (ça donne le ton) aux premières publications de Toni, quand on la voit se heurter aux limites qu’on tente de lui mettre tout en côtoyant l’Histoire et les moments marquants qui ont jalonné le parcours de la communauté afro-américaine aux États-Unis. C’est fascinant de voir l’impact de ses prises de position, d’être dans sa peau, de revisiter certains évènements de son point de vue, ce qui nous aide à mieux comprendre les conflits qui perdurent encore aujourd’hui (le tout étant super bien rendu par Laura Nsafou) tout comme de découvrir qui elle était en tant qu’éditrice. J’ai moins accroché dans la suite parce qu’alors Toni se met à côtoyer nombre d’auteur·rices dont je n’avais pas la référence (je vous préviens, on sort difficilement de ce récit sans une liste de lectures) et que j’avais l’impression de ne pas tout saisir. Néanmoins, ça reste une lecture vraiment intéressante qui a changé ma vision de certains évènements. À découvrir !





Sophielit est partenaire des Librairies indépendantes du Québec (LIQ). Cliquez ici pour plus d'informations sur ce partenariat.
Nouveau commentaire