Psst ! Mon conseil ? Lancez-vous dans cette histoire sans lire le résumé… elle n’en sera que plus forte !
Après l’Alteratum, les Cités de poussière ont prospéré sous la guidance du Chancelier Alescio Novak, protégeant leurs habitants et leurs dons des rayons brulants du soleil ainsi que de la vieillesse. En effet, si la poussière dorée provenant d’objets anciens permet à la ville de tenir, elle sert par ailleurs d’élixir de Jouvence…
Sur le point de devenir conservatrice dans les Cités de poussière, Délia est envoyée dans une mission de récupération d’artéfacts pour contrer l’affaiblissement des cités engendré par un nouveau Déclin. Quelque chose ne va pas. Et la découverte d’un grimoire dont les secrets se glissent dans l’esprit de l’Érudite pourrait bien permettre à Délia de comprendre ce qui se passe… mais aussi combien son destin est lié à la survie de cet univers.
Entremêlant les thématiques de la mémoire, de la famille, de la quête du pouvoir, du patriarcat et de l’amour dans une intrigue complexe, riche en révélation, Nell Pfeiffer vise un public avancé avec ce costaud « oneshot » !
Vous êtes effrayés par les faits alternatifs ? Alors vous n’êtes pas prêt·es à faire face à la mémoire alternative ! Que se passe-t-il quand on ne peut se fier à personne ? Quand chacun·e peut avoir modifié notre mémoire ? Parce que c’est ce qui se déroule ici… et c’est ce qui fait toute la saveur de ce roman de fantasy aussi !
Au départ, je dois avouer que je n’étais pas certaine de vraiment aimer. Il faut dire que Neil Pfeiffer a une écriture fleurie, les détails sont nombreux, tout comme les figures de style qui cherchent à amplifier le ressenti. Ça alourdit un peu le propos, surtout dans les premières cent pages, et comme en plus Nell Pfeiffer doit établir le monde dans lequel on se trouve avant d’y injecter de l’action et que je devais m’habituer aux marges très petites du roman (ça joue sur l’expérience de lecture, ne dites pas le contraire), j’ai eu du mal à vraiment accrocher. Mais cela vaut le coup de persévérer, oh oui !
D’abord pour cette intrigue qui serpente, se tortille, nous glisse entre les mains alors qu’on croyait comprendre où elle nous mène pour révéler autre chose, pour nous entrainer dans de nouvelles directions. Ensuite pour ce monde, juste assez magique pour émerveiller (les livres qui volent vers nous quand ils sentent qu’on a besoin d’eux : OUI), mais aussi assez fragile pour rappeler l’urgence de la situation. Finalement pour son héroïne, Délia, jeune femme fonceuse, déterminée, réfléchie, résolument féministe et touchée par les enjeux environnementaux. Sa force nous donne envie de la suivre dans ses péripéties… tout comme dans la romance de type « enemies to lovers » qu’elle entretient avec Dante, bras droit du Chancelier et homme aux nombreux secrets.
« Il t’aime, mais il t’a tout arraché, pense-t-elle. »
Ce n’est pas un coup de cœur total parce que j’ai mis du temps à vraiment entrer dans l’histoire, mais aussi que certains de ses aspects restent manichéens. C’est la difficulté, quand il y a tant de matière et qu’il faut tout condenser en un seul livre, mais si les personnages principaux révèlent des facettes inattendues en cours de route, faisant progresser le récit ainsi que notre compréhension profonde de leurs actions, nuançant leurs positions, d’autres auraient mérité d’être davantage explorés (et je n’en dirai pas plus parce que déjà, écrire cette chronique sans tout divulgâcher a été compliqué).
N'empêche, Les cités de poussière est une fantasy riche, porteuse d’espoir malgré ses côtés plus sombres et mettant en scène une héroïne multiple et exceptionnelle. Nell Pfeiffer est décidément une autrice à suivre !
Sophielit est partenaire des Librairies indépendantes du Québec (LIQ). Cliquez ici pour plus d'informations sur ce partenariat.
Nouveau commentaire