Aux prises avec des insomnies, Daphné se glisse hors de sa chambre la nuit pour marcher avec son amie Camille. Rien ne peut leur arriver de mal à Contrecœur, non ? Du moins c’est ce qu’elles croyaient avant de s’aventurer du côté de la rivière et de tomber sur un cadavre. Dont l’esprit s’attache à elle et se met à les hanter… de plus en plus concrètement. Voyant désormais les fantômes, Daphné demande l’aide de Mathilde, adolescente plus solitaire qui semble avoir des liens avec l’occulte. Persuadée qu’elle peut envoyer le noyé dans l’au-delà, celle-ci propose à Daphné et Camille de réaliser un rituel. Mais bientôt, de nouveaux esprits malfaisants font leur apparition et les adolescentes doivent se rendre à l’évidence : l’arrivée du premier fantôme n’était pas un hasard et leur ennemi gagne en puissance…
Paru dans la collection noire, La nuit du cadavre offre une histoire sombre qui mêle amitié, forces occultes et vengeance. Pour un lectorat averti !
Ceux et celles qui espéraient un « mauvais » roman de la collection noire (ça existe ?), vous serez déçu·es parce qu’encore une fois, cette nouveauté est de haute qualité. En fait, La nuit du cadavre détrône peut-être même L’oracle dans mon cœur, ce qui veut dire beaucoup !
Il y a d’abord cette histoire bien glauque, avec un premier mort qui devient fantôme et gagne en puissance, puis de nouvelles apparitions qui suscitent la curiosité, la peur. Il y a par ailleurs toute l’ambiance occulte, les rituels que propose Mathilde, les défis auxquelles font face les trois adolescentes dans leur quête qui ajoutent de l’intérêt. La « confrontation finale » est d’ailleurs particulièrement bien menée. Mon plus grand plaisir est toutefois venu de la façon dont le trio principal se crée et progresse en prenant parfois des décisions douteuses (et en étant abandonné par la mère de Mathilde !). Autrice de talent, Myriam Vincent arrive à vraiment bien rendre les enjeux des relations interpersonnelles à l’adolescence et montre par ailleurs qu’il est possible de s’ouvrir aux autres, à la nouveauté. Que ça peut même être facile si on fait l’effort (et qu’il n’y a pas des fantômes vengeurs à nos trousses…). C’est rare qu’en terminant un roman d’horreur je me dis que les personnages vont me manquer, mais c’est ici le cas !
À noter ? On sait que les lecteurs de la collection noire sont souvent plus jeunes que ce qui est annoncé puisqu’on fois qu’on commence, on veut tout lire. Ici, je dirais qu’il y a vraiment moyen de faire des cauchemars, notamment avec les descriptions des fantômes qui apparaissent au fil des pages sous leur forme de cadavres mutilés (et vous comprendrez pourquoi). Si on sent que l’autrice a voulu faire court pour ne pas trop effrayer, certaines descriptions pourraient donner des nausées, sachez-le !
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